WORKSHOP#3 INTENSIFICATIONS METROPOLITAINES D’AIX A MARSEILLE

Pour cette troisième année de partenariat avec l’Institut Méditerranéen de la Ville et des Territoires, la Métropole Aix-Marseille-Provence a proposé aux élèves architectes et à leurs professeurs encadrants de se projeter sur un axe structurant de sa géographie : le corridor Marseille-Aix. Ce workshop international, qui s’est déroulé du 25 août au 5 septembre 2025, a réuni 140 étudiants de l’ensa•marseille, une quarantaine d’étudiants allemands, japonais et coréens, et a associé 7 universités partenaires (Hambourg, Séoul, Kyoto, Lausanne, Atlanta, Rio… et Aix-Marseille !) ainsi qu’une vingtaine d’encadrants internationaux.
Jeunes architectes et encadrants se sont confrontés à un territoire complexe dans lequel toutes les problématiques contemporaines s’entrechoquent : corridor fondamental pour les mobilités, ponctué de centralités anciennes ou plus récentes, marqué par la périurbanisation massive des 40 dernières années — notamment pavillonnaire et commerciale —, encore agricole par endroits mais aussi traversé par des couloirs écologiques ou des cours d’eau fragiles…
De Marseille à Aix en passant par Cabriès, Septèmes-les-Vallons, Simiane-Collongue, Bouc-Bel-Air, Gardanne et Les Pennes-Mirabeau, ce « transect » a ainsi révélé à la fois toute sa diversité et son potentiel. Les titres de leurs projets sont évocateurs de la variété des stratégies proposées : Terre de l’Arc, Vel’eau, 15 Minutes of Fame, Supergrid, Dancing in the Grid, Übergänge, Plan-de-campagne à réinventer, The Fourth Perimeter, Plus belle la ville, Couture urbaine, Le Tiret-oire, Metroloop.
On peut relever quelques points saillants parmi l’ensemble des idées formulées :
- La mobilité est posée comme un enjeu déterminant, mais elle prend des visages assez différents d’une équipe à l’autre. Pour certaines, il faut repenser intégralement le réseau multimodal des mobilités avec des « superblocs » (librement inspirés de Barcelone ?) quadrillés par une maille viaire de 3×3 km… sans oublier les cheminements piétons. Pour d’autres, il faut superposer les flux grâce à des structures légères ou déployer des tramways reliant des hameaux densifiés. D’autres encore pensent qu’il faut miser sur une liaison ferrée Vitrolles-Les Milles-Gardanne, sur une promenade artistique ou sur une mobilité logistique repensée pour organiser spatialement l’intensification urbaine. Pour une équipe, le projet est même de fermer l’autoroute A7 à la circulation des voitures pour la transformer en une vaste coulée verte irriguée par un tramway !
- Au-delà de la question prégnante de la mobilité, les équipes ont abordé les formes de l’intensification de manières très variées. Certaines proposent par endroits une « désurbanisation sélective » que permettrait un regroupement des maisons en hameaux aux fonctions thématiques. D’autres imaginent la transformation d’une carrière ou la réactivation d’espaces oubliés.
- Sur le plan de l’action environnementale, les idées fourmillent : planifier pour les non-humains, donner la « parole » à la faune et à la flore dans un « parlement », s’appuyer sur l’eau, désimperméabiliser beaucoup pour faire face aux bouleversements climatiques, construire des pépinières verticales, mutualiser les piscines pour en réutiliser certaines pour de nouvelles fonctions, privilégier les constructions amovibles en bois, etc.
- Les solutions contribuant au partage, à la mutualisation et au meilleur usage ont été nombreuses, comme autant de pistes pour répondre aux besoins sans construire à l’excès.
Intensifications Métropolitaines
Territoire d’investigation : d’Aix à Marseille
Septembre 2025