Inventons ensemble la Métropole intense de demain !
Nous sommes confrontés à des urgences climatiques et écologiques sans précédent qui nous obligent à inventer un nouveau modèle de développement, moins consommateur d’espaces naturels et agricoles, plus sobre en énergie, et agréable à vivre, sans surchauffe estivale.
Et ce modèle doit aussi répondre aux autres enjeux des territoires : crise du logement, augmentation des prix du foncier, des matériaux et de l’énergie…tout en préservant, voire améliorant la qualité de vie des habitants.
Par ailleurs, les acteurs sont multiples : élus, techniciens des institutions, architectes, ingénieurs, urbanistes, paysagistes, promoteurs, universitaires…
Cette complexité justifie une démarche spécifique et ambitieuse sur l’intensification. Elle vise à proposer des réponses à ces enjeux en contribuant à passer d’un modèle extensif à un modèle plus intense.
Notre Démarche : une approche collaborative et prospective
La Métropole Aix-Marseille-Provence pilote la démarche « Intensifications métropolitaines » en animant une « communauté apprenante ».
Cette approche collaborative réunit de nombreux acteurs collectivités (élus, techniciens des collectivités, architectes, ingénieurs, urbanistes, paysagistes, promoteurs, universitaires…).
Elle se déploie à travers plusieurs dimensions clés :
- repérer et mettre en lumière les recherches et bonnes pratiques sur l’intensification,
- comprendre en profondeur les enjeux soulevés par l’intensification urbaine,
- identifier les leviers pour faciliter cette transition et les freins qui peuvent entraver sa mise en œuvre.
1. Densité, densification, intensification urbaine, de quoi parle-t-on ?
Terminologie
Tout d’abord, il est important de revenir sur la notion à partir de laquelle se déclinent les autres : la densité. La densité est le rapport entre une quantité d’éléments et la surface qu’ils occupent. Ce peut être le nombre d’habitants, d’emplois, de logements, etc. par unité de surface.
Puis, il est nécessaire de clarifier la différence entre les deux termes : densification urbaine et intensification urbaine.
Il existe 2 manières de densifier les espaces urbains :
- Densifier par de nouvelles constructions dans les quartiers existants, en particulier sur les friches, certains espaces tels que les pôles commerciaux ou zones d’activités économiques, les parkings, les toits ou sous-sols, les secteurs les mieux desservis par les transports collectifs structurants ou en voie de l’être et, plus globalement, les centres-villes et centres-villages.
- Densifier sans construire par une meilleure optimisation des usages des bâtiments existants : il s’agit d’optimiser l’usage des logements, des bâtiments d’activité économique et des équipements (lutte contre la vacance et la sous-utilisation, chrono-urbanisme, mutualisation et partage, usage des espaces télétravaillés).
Alors que la densification urbaine ne renvoie qu’à la première approche, l’intensification urbaine couvre les deux entrées : densifier le bâti et intensifier les usages.
L’intensification urbaine embrasse l’ensemble des besoins des habitants : logements, emplois, équipement et services, etc.
Ecarter les idées reçues : la densité urbaine n’est pas synonyme de « hauteur »
Un autre préalable important est de dissiper les idées reçues sur le lien entre « densité urbaine » et certaines formes urbaines. La densité urbaine n’implique pas forcément de construire des tours ou des grands ensembles.
Le petit schéma ci-dessous en fait la démonstration : une même densité – ici, 76 logements/ha – peut s’exprimer dans trois formes de bâti complètement différentes, que ce soit en termes de hauteur, de végétalisation, d’espaces de circulation, etc.

Source : Vincent Fouchier, repris par IAU-îdF
2. Pourquoi « intensifier » les espaces urbains aujourd’hui ?
Un débat renouvelé sur la « ville dense »
L’intensification urbaine permet une limitation à la fois de l’espace naturel consommé, des matériaux exploités, de l’énergie utilisée et des coûts de construction des réseaux (eau, électricité, routes, etc).
Dans le champ des politiques publiques, la lutte contre l’artificialisation des sols n’est pas récente : elle s’exprime dans plusieurs textes législatifs dès les années 2000, dont en particulier la loi SRU (Solidarité et Renouvellement Urbain).
La loi Climat et Résidence (du 22 août 2021) qui fixe l’objectif du « zéro artificialisation nette » à l’horizon 2050 et la neutralité carbone fixés à l’horizon 2050 donnent une nouvelle couleur à ce débat. Le compte à rebours est lancé : l’intensification urbaine est désormais l’un des défis de ce siècle.
Pendant de longues décennies, comme dans la plupart des grands territoires urbains français, le développement s’est fait sur le territoire de la Métropole Aix-Marseille-Provence selon un modèle extensif : beaucoup d’habitat pavillonnaire, des zones commerciales périphériques, des réseaux routiers dédiés à la voiture individuelle. Source de pollution, de saturation des axes routiers et de consommation foncière, ce modèle montre ses limites.
De nombreux facteurs motivent également ce tournant :
– les évolutions démographiques dans les prochaines décennies n’ont rien à voir avec celles qui ont généré l’urbanisme extensif : moindre croissance, moindre proportion de familles avec enfants, fort vieillissement et hausse des personnes seules,
– les changements de modes de vie s’orientent vers la notion de proximité (la ville du quart d’heure, une ville plus dense et mixte) et de nouvelles pratiques (co-living, coworking, etc) , irriguée par les mode de déplacement « doux » ou par les transports en commun,
– sur le plan environnemental, concentrer le développement urbain limite la fragmentation des habitats naturels, préserve la biodiversité, réduit la dépendance à l’automobile (moindres émissions de gaz à effet de serre), permet une utilisation plus efficace des infrastructures existantes telles que les réseaux de transport ou d’approvisionnement en eau et en énergie.
C’est un nouveau développement des territoires qu’il nous faut inventer : un développement urbain intensif et non extensif comme nous l’avons produit jusqu’à présent.
3. Quels sont les défis posés par l’intensification urbaine aux acteurs de la fabrique de la ville ?
3.1 Déceler et exploiter tous les gisements fonciers à potentiel
Ces gisements sont de plusieurs natures :
- Le renouvellement du tissu urbain existant (zones commerciales, bâti dégradé ou vacant, bâti ou terrains sous-occupés, friches et délaissés, surélévation des toits, etc.) ;
- L’aménagement et l’intensification des usages (urbanisme transitoire, optimisation des espaces et des usages des bureaux y compris administrations publiques, équipements et espaces publics, etc.).
- Lutte contre la vacance et la forte sous-occupation



3.2 Aménager et intensifier des vies-villes dans une logique de proximité
L’intensification urbaine pose aux acteurs de la fabrique de la ville le défi d’aménager et d’intensifier les villes selon une logique de proximité : des « villes du quart d’heure » dans l’esprit du concept de Carlos Moreno. Cette approche vise à rapprocher les principales fonctions urbaines (habiter, travailler, étudier, consommer, se soigner, se divertir).
A l’échelle du bâti, l’intensification des usages s’appuie sur des procédés de mutualisation, d’optimisation des différentes temporalités, etc.
Le modèle de la « ville du quart d’heure » tend ainsi à concilier développement (y compris économique) et durabilité (sobriété foncière et énergétique, lutte contre les îlots de chaleur, nature en ville, etc).
Les « villes du quart d’heure » doivent participer à répondre aux besoins quantitatifs du territoire (logements, espaces économiques, infrastructures, etc). Ces besoins sont également traversés par différentes évolutions socio-économiques : accueils de nouveaux actifs liés aux projets économiques, vieillissement de la population, décohabitation, etc.) qu’il s’agit d’appréhender avec finesse.
L’intensification des centralités urbaines est un levier essentiel pour agir sur la décarbonation des mobilités : les habitants des secteurs peu denses du territoire d’Aix-Marseille-Provence parcourent 3 fois plus de kilomètres que les habitants des centres-villes. Alors que le modèle extensif s’appuie sur la vitesse de déplacement pour parcourir de longues distances, ces « villes du quart d’heure » se fondent de fait sur des modes de déplacement doux (vélo, marche) et des distances courtes grâce à la densité et la mixité.


4. Quelle est cette « Communauté apprenante » rassemblée autour de la démarche
« intensifications métropolitaines » d’Aix-Marseille-Provence ? Pourquoi ce site internet ?
La Communauté apprenante est cet esprit collectif impulsé par la Métropole Aix-Marseille-Provence depuis 2023, rejointe par tous les acteurs de la fabrique de la ville : élus, experts, chercheurs, techniciens, acteurs socio-économiques, citoyens.
Elle se forme et échange lors des différents formats de production et de rencontres initiés par chacun des acteurs concernés : études, conférences, débats, ateliers, etc. Elle capitalise les expérimentations déjà réalisées sur le territoire d’Aix-Marseille-Provence et ailleurs, affinant et consolidant ainsi la compréhension des bénéfices de l’intensifications. L’enjeu partagé est d’identifier les potentiels d’intensification de manière à lever les limites a priori d’une part et d’autre part dégager des marges de manœuvre nécessaires à l’expérimentation de nouvelles pratiques en matière de fabrique de la ville.
Par la mise en partage des savoirs et expériences, ce site internet, au croisement de la recherche et de l’action, concrétise l’intention de progresser collectivement sur l’intensification urbaine : construire ainsi un autre modèle urbain plus sobre, plus compact, plus vert, plus mixte dans ses usages et plus agréable à vivre !
Vous pouvez également contribuer à la Communauté apprenante !
Contact : agam@agam.org
5. Quel est le rôle de la Métropole Aix-Marseille-Provence dans la démarche « Intensifications métropolitaines »?
6. Quels sont les partenaires de la démarche ?
