LES 10 MESSAGES CLES DE L’INTENSIFICATION

205
0
Partager:

Message #1 : L’intensification permet de quitter le modèle extensif, consommateur d’espace

La densité constitue une réponse à l’enjeu, scandé par la loi Climat et Résilience, de Zéro Artificialisation Nette, qui vise à limiter les extensions urbaines au profit d’un modèle plus intensif après 30 à 40 ans de forte consommation des espaces agricoles et naturels de la métropole (3 600 hectares consommés entre 2009 et 2017, 2/3 agricoles et 1/3 naturels).

Message #2 : La densification est un phénomène déjà ancré

La densification n’est pas nouvelle, elle est déjà à l’œuvre dans la métropole. 26% des îlots urbanisés ont connu une augmentation significative de leur densité entre 2014 et 2022. C’est un processus normal, régulier, il ne s’agit pas de changer radicalement le mode de faire mais de l’amplifier.

Message #3 : Les mobilités et les modes de vie sont différents selon les densités

Les modes de vie varient selon les niveaux de densité! : dans les fortes densités, les habitants parcourent des distances par jour et par personne trois fois moins importantes que ceux des faibles densités. Pourtant, les gens ne passent pas plus de temps à se déplacer dans les faibles densités. C’est une conséquence directe de la vitesse de déplacement. La ville dense est une ville lente, de la marche, du vélo, des transports en commun tandis que la ville pas dense est une ville rapide dans laquelle on se déplace en voiture. C’est une dimension essentielle quand on parle densification ou intensification qui permet de traiter la question de la proximité en lien avec la mobilité.

Message #4 : Il faut intensifier les secteurs les plus accessibles (en transport en commun)

En conséquence, il faut intensifier dans les secteurs les mieux desservis par les transports en commun, où on peut se passer de la voiture. Or sur les dix dernières années, c’est majoritairement dans les espaces les plus éloignés en termes d’accessibilité à l’emploi en transports en commun que l’on a construit, dans des proportions plus fortes que la répartition du stock de logements. 51% de la production de logements 2014-2022 s’est faite dans des territoires situés à plus de 40 minutes des bassins de 50 000 emplois accessibles en transports en commun. En 2023, 43% de la production de logement s’est poursuivie dans les tissus lâches et éloignés des secteurs les mieux desservis. Inversement, les secteurs les plus denses et les plus accessibles représentent 20 % du stock de logements en 2023 mais seulement 6% de la construction 2014-2022. L’écart se creuse entre zones d’emploi et zones de construction. Il faut donc réfléchir à mieux articuler l’o »re de transport et les densités!: densifier des secteurs très accessibles mais peu denses, augmenter la desserte en transports en commun dans des secteurs très denses mais mal desservis.

Message #5 : La ville dense est la seule qui soit marchable

La mixité de la ville dense en fait une ville marchable. Une étude de l’AUPA a permis de cartographier 237 «!centralités marchables!» au sein de la Métropole permettant aux habitants d’accéder en moins de 15 minutes à pied allerretour à une o »re répondant aux besoins du quotidien. Si on les retrouve à di »érents niveaux de l’armature territoriale, 18% des logements récents y sont localisés. En revanche, 58% de la population et 52% des emplois sont situés endehors de ces centralités.

Message #6 : L’intensification est aussi un enjeu majeur des plans climat air énergie

Les fortes différences liées à la densité en matière de mobilité ont une conséquence immédiate sur les émissions de gaz à e »et de serre! : ces émissions par jour et par habitant sont 4 fois moins importantes dans les fortes densités. Ainsi, la localisation de la densification à venir doit participer aux enjeux du Plan Climat Air-Energie Métropolitain (PCAEM) La question de la sobriété renvoie aussi au sujet des matériaux!: plus on réutilise, mieux on utilise le bâti existant, moins on impacte le besoin en matériaux et là encore en gaz à effet de serre. Ce qui incite à développer la réhabilitation, le réusage, la réparation.

Message #7 : La dénitrification est souvent mal accueillie et appelle une nouvelle ingénierie

Cela a été évoqué par David Ytier, la densification est souvent mal accueillie, génère recours et protestations pour des raisons très légitimes. Cela suppose pour les politiques publiques de développer une ingénierie pour répondre à ces enjeux non seulement dans la manière d’échanger avec les habitants mais aussi dans celle d’y répondre d’un point de vue très programmatique.

Message #8 : L’intensification répond aux attentes montantes, liées au vieillissement et à la décohabitation.

La forte croissance économique et démographique, l’augmentation du nombre de familles avec enfants ont marqué l’histoire du territoire. Mais les besoins à venir n’ont pas grand-chose à voir avec ceux du passé et il faut éviter de projeter pour demain la réponse à des besoins caduques. Les besoins à venir, c’est ceux dûs vieillissement et à un nombre de personnes seules dans leur logement en forte croissance. Cela change radicalement la demande par rapport à la question de l’offre de densité puisque les personnes âgées sont plutôt désireuses de densité, tout comme les jeunes même si les raisons en sont différentes.

Message #9 : Les gisements de l’intensification urbaines sont nombreux

Les possibilités de densifier sont nombreuses mais il faut savoir où les mobiliser. Certains quartiers sont déjà trop denses, d’autres offrent des capacités à considérer parce que les transports en commun sont là, parce qu’il y a des centralités avec tous les équipements et services. Un travail est en cours, avec Villes Vivantes et l’OFCE, pour quantifier sur le territoire de la métropole le potentiel en densification douce dans les parcelles de maisons individuelles et en densification plus forte par restructuration de l’urbain. Ce potentiel va être croisé avec la capacité physique et la logique économique de la densification en prenant en compte les réglementations, les risques, inondations … Il s’agit ainsi de mieux définir la stratégie de localisation et de quantification de la densification. Un deuxième levier consiste à intensifier l’usage du bâti existant, logements, bureaux, équipements (écoles, bibliothèques…) dont la vacance ou la sous-occupation offrent des potentiels pour maximiser les temps et modes d’occupation.

Message #10 : Une communauté apprenante partenariale permet de co-construire le nouveau modèle intensif

Pour relever tous ces défis, la Métropole anime une communauté apprenante qui mobilise des acteurs publics, privés, de la recherche pour mieux cerner, mieux comprendre et mieux envisager l’intensification urbaine de demain. Ces journées d’étude sont une brique supplémentaire pour se nourrir des travaux de tous.